Mié. Feb 28th, 2024

Arrêté samedi après la mort à Paris d’un touriste allemand, tué à coups de couteau, et l’agression de deux autres personnes avec un marteau, Armand Rajabpour-Miyandoab, jeune Français de la région parisienne, était connu de la justice pour son islamisme radical et ses troubles psychiatriques.

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Ce qui lui est reproché

Un Allemand a été tué et deux autres personnes ont été blessées samedi soir dans une agression au couteau et au marteau près de la tour Eiffel, à Paris. L’assaillant, Armand Rajabpour-Miyandoab, a été interpellé peu après les faits et placé en garde à vue. Le Parquet national antiterroriste (PNAT) s’est saisi de l’enquête pour assassinat et tentative d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste et pour association de malfaiteurs terroriste criminelle.

« L’attaque s’est passée peu après 21 heures entre le quai de Grenelle et Bir-Hakeim, l’assaillant s’en est pris à un couple de touristes », a rapporté le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin. « L’homme est décédé sous les coups de couteau » et l’attaquant « s’en est pris à la femme de ce touriste allemand », mais elle a eu la vie sauve « grâce à un chauffeur de taxi qui a vu la scène ».

L’assaillant a alors traversé le pont de Bir-Hakeim. Poursuivi par les policiers, il a manifestement agressé deux autres personnes dont la vie n’est pas en danger : une personne serait blessée à la suite d’un coup de marteau au niveau de l’œil et une autre serait particulièrement « choquée », toujours selon le récit de Gérald Darmanin. Au moment des faits, peu après 21 heures, près du pont de Bir-Hakeim, Armand Rajabpour-Miyandoab a crié « Allah akbar ! » (« Dieu est grand ! ») à plusieurs reprises, a précisé le ministre. Les jours du suspect, qui a été neutralisé par la police à l’aide d’un Taser, ne sont pas en danger.

Les motivations de l’attaque

Après son interpellation, Armand Rajabpour-Miyandoab. a déclaré aux policiers qu’il en voulait « à ce qu’il se passait à Gaza, que la France serait complice de ce que faisait Israël ». « Il aurait dit qu’il en avait marre de voir des musulmans mourir, tant en Afghanistan qu’en Palestine », a précisé le ministre de l’intérieur.

Très peu de temps avant l’attaque, une vidéo de revendication de son acte a été postée sur les réseaux sociaux. Dans la vidéo, l’assaillant évoque « l’actualité, le gouvernement, le meurtre de musulmans innocents », a détaillé une source sécuritaire citée par l’Agence France-Presse (AFP). A ce stade, les enquêteurs ne savent pas quand elle a été tournée, mais elle a été postée en ligne « concomitamment » au passage à l’acte, selon cette source.

S’exprimant en langue arabe dans cette vidéo, Armand Rajabpour-Miyandoab, un Franco-Iranien de 26 ans, apportait « son soutien aux jihadistes agissant dans différentes zones », a déclaré en conférence de presse le procureur antiterroriste Jean-François Ricard. « Cette vidéo était notamment mise en ligne sur son compte X (ex-Twitter) », ouvert début octobre et qui comportait « de nombreuses publications sur le Hamas, Gaza et plus généralement la Palestine », selon le magistrat. Armand Rajabpour-Miyandoab y faisait allégeance au groupe Etat islamique.

Un profil radicalisé de longue date

Né en France en 1997 de parents iraniens, chez qui il réside dans l’Essonne, le jeune homme, « fiché S », avait déjà été interpellé par le renseignement intérieur (DGSI) en 2016 pour un projet d’attaque à la Défense, dans les Hauts-de-Seine. A l’époque, il était soupçonné d’avoir projeté une attaque à l’arme blanche dans le quartier d’affaires à l’ouest de Paris, sur incitation d’un djihadiste établi en Syrie, Maximilien Thibault, ancien membre de Forsane Alizza.

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Il avait été condamné à cinq ans de prison et en était sorti en 2020, après quatre ans de détention, a précisé une source sécuritaire citée par l’AFP. Il avait été placé sous contrôle judiciaire et sous Micas, un dispositif administratif assorti de mesures comparables à celles d’un contrôle judiciaire, et visant à prévenir des actes de terrorisme.

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Troubles psychiatriques et suivi médical

Connu pour ses troubles psychiatriques et son islamisme radical, il avait suivi un traitement médical psychiatrique tout au long de sa détention et après sa sortie. « Les premiers mois étaient encourageants », il semblait s’être « détaché de la religion » après sa remise en liberté, a confié une source sécuritaire à l’AFP. Mais cet homme à la personnalité « très influençable », « très instable », suscitait de nouveau des inquiétudes depuis le printemps 2022, d’après cette même source. Selon le ministre de la santé, Aurélien Rousseau, Armand Rajabpour-Miyandoab « avait un suivi qui n’était pas un suivi où il devait être hospitalisé, il devait suivre un traitement ».

Des sources policières affirment qu’à compter de mars 2022, il a arrêté son traitement médicamenteux (neuroleptique atypique), en accord avec son médecin. Cinq mois plus tard, en août 2022, une expertise psychiatrique avait conclu à la nécessité d’un suivi psychologique et une injonction de soins. Une appréciation que le juge de l’application des peines lui a ordonné de suivre le 19 septembre 2022.

Les soins conformes aux injonctions médicales avaient alors été prodigués à l’assaillant et les rendez-vous étaient respectés selon le rapport de fin de mesure du 15 mars. Le psychologue du binôme de soutien, également constitué d’un éducateur spécialisé, notait une évolution positive de l’assaillant. Au 21 avril 2023, le médecin coordonnateur du suivi des soins dans ses rapports successifs ne concluait pas à la nécessité de reprendre un suivi médicamenteux. Aucune dangerosité d’ordre psychiatrique n’avait été identifiée.

Le Monde

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